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USA 1998
Écrit par Didier CASSIGNOL   

Salt Lake City nous voilà ! Plusieurs années de rêves, quelques mois de préparation et à nous les truites des rocheuses. Le parcours est à peu prés planifié, les articles des revues de pêche et les conseils d'amis nous ont convaincus, le paradis du moucheur c'est ici.

Première nuit à l'hôtel et nous prenons livraison de notre camping-car. En route vers Last Chance dans l'Idaho sur les bords de la Henry's Fork. Neuf heures du soir, nous voilà au " A bar " rendez-vous incontournable de tout pêcheur à la mouche des environs. Nous rencontrons là Michel Fontan, un français installé ici et qui pratique le noble métier de guide de pêche. C'est autour d'un copieux repas qu'il nous parle de sa rivière : Des truites énormes dans une eau puissante nous attendent demain. Plusieurs secteurs sont intéressants à pêcher, le Box Canyon, situé en amont, est difficilement accessible à pied, le secteur le Last Chance, qui est un parcours no-kill long de 25 km!!!, et plus bas le Harriman Park qui est un parc d'Etat.

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Première nuit dans le camping-car sur le parking du bar, achat des permis de pêche pour 5 jours (10 dollars environ) et nous voilà tous les trois au bord de l'eau. Sur fond de montagnes rocheuses, le cadre est superbe. La rivière, coulant sur un plateau à 2000 m d'altitude est très large, puissante, mais sa profondeur n'excédant pas un mètre, on peut traverser à peu prés partout.

21 juin : Premier coups de lignes en sèche, premiers poissons. Pas énormes, mais encourageants. Les premières Green Drakes commencent à descendre. Ce sont de grosses éphémères ressemblant à nos mouches de mai, mais d'une couleur olive. L'action de pêche est simple. Il suffit se positionner trois quart aval des plus beaux gobages, et propulser sa mouche en bout d'un très long bas de ligne pour éviter le dragage. Simple, mais pas toujours évident, comme nous le prouverons les nombreuses montées courtes et refus enregistrés. Ces poissons sont éduqués, la densité de pêcheurs sur ce parcours n'y est pas pour rien. Suite au nombre de refus essuyés sur les mouches locales, des imitations en chevreuil à corps détachés, nous incite à essayer nos modèles maison. Et là miracle, ça marche, nos mouches plus courtes qui dérivent parmi des centaines d'insectes sont prises avec moins de réticence. Est-ce la taille qui fait la différence, mystère.

Ces truites arc-en-ciel mesurant entre 35 et 50 cms sont superbes et très combatives, profitant de la puissance du courant pour se défendre elles soumettent nos nerfs ainsi que ceux de nos cannes à rude épreuve. Eric piquera un superbe poisson de plus de 60 cms qui ne se rendra qu'après de longues minutes de combat et une centaine de mètres en aval.

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En l'absence d'éclosions, nos essais en nymphe ne furent pas très rentables, excepté pour Patrick qui dans une partie rapide située prés du parking a fait un malheur à la roulette sur des truites et de gros whitefishs, sous les yeux médusés des pêcheurs locaux qui découvraient là une technique inédite pour eux.

22 juin : Direction le Harryman Park. Après avoir laissés 5 dollars de droit de passage dans une boîte aux lettres située à l'entrée, nous voici à pied d'œuvre. Il s'agit ici d'un bras plus calme de la Henry's Fork. Le cadre est splendide, un des plus beaux que nous ayons vus durant notre séjour. L'absence d'activité des poissons nous obligeant à la contemplation, nous aurons tous le loisir d'observer une femelle élan et son petit venant s'abreuver, quelques aigles pêcheurs en pleine activité, le tout dans une nature intacte. Après quelques petits poissons pris à la nymphe nous décidons de revenir à Last Chance finir la journée. Bonne idée, ici les poissons gobent et nous assurent encore d'une bonne pêche. Ce soir montage de mouches et demain, le Box Canyon à 10 km en amont.

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23 juin : Il pleut, mais tant pis, nous allons faire le Box canyon. A mi-chemin, un pont routier enjambe le Buffalo creek, petite rivière tributaire de la Henry's Fork. Du pont nous voyons quelques gobages, la tentation est trop forte, nous voilà vite en tenue, canne en main et pendant plus d'une heure ce sera un festival de saumons de fontaine de taille moyenne mais bagarreurs en diable. Quelques kilomètres de plus et nous voilà près du Box canyon. Le sentier qui y mène est accidenté mais notre effort est récompensé à la vue de cette masse d'eau bouillonnante prometteuse de gros poissons. Mais là déception, la pêche du bord est quasiment impossible, nous prendrons bien quelques poissons de taille moyenne dans les remous à portée de canne, mais rien de comparable aux scores réalisées par les pêcheurs pratiquant en barque et en dérive au centre de la rivière. Nous avions présumé de nos forces et un peu déçus nous revenons à Last Chance terminer la journée de façon beaucoup plus honorable.

24 juin : En route pour le Montana situé à 1h de route. C'est la Madison que nous rencontrons en premier. Elle descend du Parc du Yellowstone à quelques kilomètres en amont.
Les eaux relativement claires mais très fortes nous incitent à aller essayer d'autres rivières plus au nord. A Ennis, nous nous renseignons dans la boutique de pêche locale et nous apprenons qu'à la suite de violents orages, toutes les rivières de la région sont impêchables. Aprés une journée de tourisme dans cette belle contrée nous revenons dans l'Idaho par le même route, mais ne résistons pas à pêcher en fin d'après-midi la partie haute de la Madison où nous prendrons sur les bordures quelques belles truites en nymphe lourde. En pêchant un peu plus au large nous avons même obtenus plusieurs belles casses sur 16 centièmes !...

25 juin : Dernier jour de pêche sur la Henry's Fork. Belles éclosions de Green Drakes, poissons qui gobent, le bonheur.

26 juin : Après quelques emplettes halieutiques à la boutique Hyde Outfitters et nos remerciements à Michel Fontan nous voilà partis pour le Park du Yellowstone où nous espérons pêcher la Firehole. Le park est magnifique, geysers et bisons jalonnent notre route. C'est une température très basse assortie d'un fort vent, de chute de neige, pluie et grêle qui nous découragent de pêcher. Il est vrai que nous sommes à prés de 2500 m d'altitude. Tant pis, en route vers la Green River dans l'Utah. La journée sera consacrée à rouler. Le paysage est sublime, d'abord le lac Jackson au pied des Grands Tétons (ce sont des montagnes) puis les immenses plaines du Wyoming et nous voilà après 450 km au camping Mustang à Dutch John. Demain, à nous la Green river.

27 juin : Nous voilà nantis des permis de pêche pour l'Utah et du passe permettant d'accéder aux parkings de la Green River. Celui de Little Hole est équipé de points d'eau, de sanitaires, de rampes pour les bateaux. Ici la pêche est un sport, les rivières sont gérées en conséquence et font vivre une bonne partie de la population locale. Il y a même à Dutch John, village d'une centaine d'habitants un petit aéroport qui accueille tous les jours des pêcheurs de tous les Etats-Unis.

La Green est une puissante rivière s'écoulant dans des gorges à l'aval d'un barrage qui maintient un débit et une température constants tout au long de l'année. Un sentier permet de suivre la rivière tout au long du 1er secteur (12 km). Ici les truites sont très nombreuses, la taille moyenne se situe entre 40 et 55 cms. Ce sont principalement des farios introduites dans les années soixante ainsi que des cutthroads et arc-en-ciel.

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Nous n'avons pas fait dix mètres sur le sentier que nous voyons nos premières truites. Ce sont de gros poissons qui sont en poste à moins de 2 mètres du bord et qui se nourissent tranquillement au fond, à peine dérangés par le va-et-vient des pêcheurs. Nos nymphes ne les interessent pas. Trop grosses ? Trop lourdes ? C'est en essayant plus au large que nous prendrons nos premiers poissons. Ce sont de magnifiques farios au reflets d'or qui échouent dans nos épuisettes. La pêche est excellente mais ces poissons de bordure nous intriguent. C'est Patrick qui trouvera le premier un début de solution : une micro nymphe en fil de cuivre sur hameçon de 20 a pu séduire quelques belles. Ce soir montage...

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28 juin : Ca y est, nous avons l'arme fatale, premiers coups de ligne, premiers poissons. Ces gros poissons de bordure ne prennent que des micro nymphes. Sur 10 centièmes, c'est du sport, mais quel plaisir de batailler ces truites dans ce cadre grandiose. Nous espérions voir les fameuses éclosions de " cicadas " qui font bouillonner la rivière, mais celles-ci ont lieu un peu plus tard dans la saison. En fait à quelques exceptions prés, nous ne pratiquerons qu'en nymphe. Ce soir, nous affinerons les montages.

29 juin : Aujourd'hui, nous allons essayer l'aval du barrage. Après une descente athlétique par un sentier à flanc de montagne, nous voilà à pied-d'œuvre. Ici la rivière est beaucoup plus encaissée car les gorges sont plus étroites. Nous décidons de descendre sur un ou deux kms et de pêcher les bordures en remontant. Sur ce secteur, les poissons sont moins nombreux, mais plus gros. Nous prendrons quelques belles arcs et farios en pêchant à vue à la nymphe. J'ai le souvenir d'une belle arc, qui ayant refusé différents modèles de nymphes, s'est laissé séduire par un modèle que m'avait confié religieusement Raphaël Alcala peu de temps avant notre départ. Cette même mouche (enroulements de plomb collé, peint en vert et verni sur hameçon 16) à pris ce jour-là pas mal de poissons avant de terminer sa carrière dans le bec d'une belle fario. A 200 m sous le barrage nous ferons avec Eric une belle pêche de cutthroats sur un radier de 50 cm de profondeur. Ce sont des poissons splendides qui sont assez localisés par secteurs.

30 juin : Dernier jour de pêche de notre séjour. Retour à Little Hole au petit matin. Il fait frais et en nous rendant au bord de l'eau nous pouvons observer quelques biches qui broutent ainsi qu'un groupe d'une trentaine de vautours sur un immense arbre mort. Cette eau émeraude coulant dans ces gorges ocre-rouges ne se lasse pas de nous émerveiller.
Pour changer de technique, je décide de pêcher au bouchon. Cette technique consiste à laisser dériver une nymphe suspendue à une grosse mouche sèche en potence. Ce procédé qui permet de dériver plus loin me rapportera quelques jolies truites. J'ai même réalisé un doublé qui s'est soldé par la perte de ma mouche sèche. Eric et Patrick en nymphe traditionnelle réaliseront quand à eux un score également très honorable.

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Il est à noter que durant notre séjour, nous n'avons pas vu prélever un seul poisson, la pratique du No-kill étant quasiment systématique chez les pêcheurs américains. La pêche est ici le sport le plus répandu et la gestion des rivières est parfaite. Nous avons eu l'occasion de pratiquer dans d'autres pays tels que l'Ecosse, l'Autriche, la Slovénie, mais nous n'avons jamais atteint une telle qualité de pêche tant au niveau des poissons, que de la qualité des eaux et des paysages environnants. C'est pourquoi nous y retournons au mois de juillet 2000 et que nous encourageons tous les passionnés comme nous d'aller y faire un tour.

Didier Cassignol

Renseignements.
Sur la base de 4 pêcheurs, pour 15 jours, il faut compter un budget de 10 000 F tout compris par personne en basse saison, et 13 000 F en juillet ou août.
Les Campings cars sont en location à Salt Lake City. (réservation depuis la France)
Un matériel de puissance 6 avec soie WF.
Vos mouches habituelles peuvent suffire, les modèles spéciaux se trouvent sur place. On trouve prés des rivières des magasins très bien achalandés.

Mise à jour le Dimanche, 20 Avril 2008 00:59
 

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